Amandier en fleurs a été réalisé en 1890 à Saint-Rémy-de-Provence. Après l'épisode de l'oreille coupée, Van Gogh se porte volontaire le 8 mai 1889 à l'asile Saint-Paul-de-Mausole, à Saint-Rémy-de-Provence. Il y peint dans le calme, enfermé mais libre de ses mouvements dans le parc de l'établissement. En un an, il réalise plus de 150 tableaux, dont La Nuit étoilée, Les Iris, Les Cyprès, et plusieurs séries sur les oliviers, les champs de blé et les Alpilles. Ce tableau s'inscrit dans la production intense de Saint-Rémy, plus de 150 œuvres en un an. Van Gogh peint depuis sa chambre ou dans le parc de l'asile, parfois devant le motif, souvent de mémoire. La vue depuis la fenêtre de sa chambre — les Alpilles, les cyprès, un champ d'oliviers — fournit la matière de plusieurs des tableaux les plus célèbres de l'histoire de l'art.
Exécuté en huile sur toile, Amandier en fleurs mesure 73,5 × 92,4 cm. Van Gogh y développe À Saint-Rémy, les bleus cobalt et outremer dominent les ciels tourbillonnants, les cyprès montent en flammes vert sombre, et les jaunes saturent les blés et les étoiles. Les touches se font tourbillonnantes, presque hypnotiques, traduisant l'intensité intérieure de l'artiste. La référence à Hokusai et Hiroshige reste présente, mêlée à une émotion de plus en plus brute. Chaque coup de pinceau est visible, modelant la forme et l'espace par la couleur plus que par le dessin. Cette approche fait de Van Gogh l'un des précurseurs de l'expressionnisme et de l'art moderne du XXe siècle.
Les branches sont coupées par les bords du tableau et se déploient sans ligne d’horizon, comme dans une estampe japonaise.